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Programme 2013 - Les Nuits de Joux
Programme 2013

Les spectacles de 19h

 

La Chasse au Snark

De L. Carroll

Mise en scène de Simon Vincent 

Assisté par Lise Botteri

Avec Léopoldine Hummel, Anaïs-Marie Mazan, Charlotte Ligneau, Charles Zévaco

 

Menés par un étrange capitaine, de drôles d'explorateurs sont engagés dans la traque d'un animal inconnu, le Snark. À bord d'un navire incertain et portés par les vents, ils traversent les mers et bravent les dangers. À l'issue de ce long voyage, l'improbable équipage débarque sur une terre lointaine. C'est là, quelque part dans ce paysage inquiétant de roches et de crevasses que le Snark se cache. La chasse peut enfin commencer ! Parmi les monstres qui rodent dans cette sinistre région, parviendront-ils à débusquer la bête ?

Moins connu que Les Aventures d'Alice au Pays des Merveilles, mais tout aussi foisonnant, drôle et surprenant, La Chasse au Snark est le récit de cette expédition folle, sur les flots déchaînés des océans et les terres peu engageantes des mondes inexplorés, peuplées d'animaux fantastiques et d'ombres mystérieuses.

Les curieux personnages enrôlés dans cette chasse forment une drôle de bande bigarrée (un Cireur de bottes et de souliers, un Fabriquant de bonnets, un Avocat, un Champion de billard, un Banquier, un Castor…). Capturer la créature est leur seule ambition. Très vite ce désir insensé explose en un grand délire de groupe. Et tous, sont entraînés dans d'impossibles aventures.

Si la Chasse au Snark dresse le tableau de cette incroyable obsession, le récit met aussi en scène querelles et conflits, doutes, peurs, réconciliations et espoirs partagés.

Une histoire de courage, de camaraderie, d'amitié parfois.

 

Simon Vincent

 

 

« Ils le traquèrent armés de dés à coudre, ils le chassèrent avec passion,
Ils le poursuivirent avec des fourches et de l'espoir,
Ils menacèrent sa vie avec une action de chemin de fer,
Ils le charmèrent avec des sourires et du savon »

 

 

 

 

Le Kitsch’n Cabaret

De et par Léopoldine Hummel, Maximer Kerzanet et Charly Marty

 


"Beau comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d'une machine à coudre et d'un parapluie!"

(Lautréamont)

 

3 comédiens dans une cuisine font... de la musique. Cette année encore le spectacle musical du festival des nuits de Joux prendra une forme festive... mais cette fois-ci l'action se déroule dans une cuisine !
Une cuisine kitsch, une kitchenette, et là, trois comédiens chics et kitschs cuisineront des chansons et des surprises.
Ils s'inspireront de chaque ustensile kitsch pour cuisiner un moment de théâtre, de musique, de performance sur un lino imitation carrelage des plus kitschs. 

Tout est possible dans Le Kitsch'n Cabaret.

 

Léopoldine Hummel, Maxime Kerzanet et Charly Marty

 

 

 

 

 

Les spectacles de 21h

Les Trois sœurs 

D'A. Tchékhov

Mise en scène de Guillaume Dujardin
Assisté par Erika Dersoir
Dramaturgie Denis Duschet

Avec Camille Roy, Anaïs-Marie Mazan, Maxime Kerzanet, Charlotte Ligneau, Léopoldine Hummel, Damien Houssier, Charles Zévaco, Mathieu Barché, Charly Marty, Simon Vincent, Jérémy Barbier D'Hiver, Lise Botteri, Justine Noirot, Léa Nowak


Moscou ! Moscou ! Moscou !
Alors qu'elles vivent dans une petite ville de garnison dans une lointaine Russie, 3 soeurs rêvent de rejoindre la capitale. 
Capitale qu'elles ont connue quand elles étaient enfants. Un rêve de départ qu'elles n'accompliront jamais. 
Dans cette grande maison, remplie de militaires de passage, ces trois soeurs jouent, rient, rêvent et pleurent. 
Les militaires vont et viennent. Elles restent. Accrochées à leur maison. Comme à leur rêve d'une Moscou fantasmée. 
Peut-on vivre sans rêve ?

 

Guillaume Dujardin 

 

« Nous ne sommes pas heureux, et le bonheur n’existe pas ; nous ne pouvons que le désirer. »

 

 

 

Dom Juan 

De Molière

Mise en scène de Raphaël Patout

Assisté par Célia Vermot-Desroche

Avec Charles Zévaco, Charly Marty, Anaïs-Marie Mazan, Simon Vincent, Mathieu Barché, Maxime Kerzanet, Léopoldine Hummel, Charlotte Ligneau, Camille Roy, Damien Houssier

 

« L’hypocrisie est un vice à la mode et tous les vices à la mode passent pour des vertus. »


Révolte, terreur et séduction. 
L'actualité de la figure de Dom Juan n'est plus à démontrer. Suivant les écrits de Dany-Robert Dufour ou d'Albert Camus, on peut la voir comme la figure Sadienne par excellence. Il manipule, il ment, il humilie, il terrorise ne poursuivant qu'un seul objectif : sa jouissance. Il ne recule devant rien pour obtenir ce qu'il souhaite. C'est un homme sans loi, ou plutôt, un homme qui ne se soumet qu'à ses propres lois. 
Dans ma mise en scène, je souhaite rompre avec l'image habituelle du bellâtre qui séduit par ses qualités physionomiques. Ce qui est fascinant chez lui, c'est sa posture face au monde: son libertinage, son nihilisme, sa révolte. 
Le Dom Juan de Molière est une comédie, mais une comédie grave qui prend des allures de tragédie. Au delà du panache, de la légèreté et de la verve de cette figure, il y a selon moi, une douleur face au non-sens du monde. Il erre. Il cherche. Il veut savoir si l'existence humaine ne se limite qu'à elle-même ou s'il existe une instance supérieure qui régirait tout. Il défie le Ciel. C'est sa colère, sa rage que je veux faire entendre. 
Sganarelle, son valet, est le premier témoin du désastre au sens premier, de son maitre. Il est peureux et lâche. Ses petites perversions sont en permanence dépassées par celles de Dom Juan. Le "pourceau d'Epicure" comme il surnomme ce dernier, provoque de l'effroi en lui. Entre les deux hommes, il y a une violence réelle.
Elvire est la figure la plus maltraitée par Dom Juan. La jeune femme est dans la désolation la plus totale, et cependant celui-ci reste implacable. Une force agit en lui qui ne lui permet aucune empathie.
A la fin de la pièce, Dom Juan rejoint l'enfer certes, mais pour lui c'est un enfer rêvé!


Raphaël Patout
 
 

 

La Grande imprécation devant les murs de la ville

De T. Dörst

Mise en scène de Damien Houssier

Assisté par Manon Falippou

Avec Maxime Kerzanet, Mathieu Barché, Charly Marty et Camille Roy

L'Arche est éditeur et agent théâtral du texte représenté. www.arche-editeur.com

 

Une femme, Fan Chin-Ting, au pied d'une Muraille, comme un arpenteur au pied de son Château, réclame à l'Empereur son mari.

Un des soldats se présente et prétend être celui-ci. Le petit jeu de la reconnaissance, jouissance spectatrice par excellence, peut alors commencer : pour que le soldat puisse obtenir sa liberté et déroger à ses obligations martiales, il devra livrer avec Fan Chin-Ting, aux yeux de deux gardes falots, une représentation juste et sincère de leur union. Seulement voilà : nous savons dès le début que le soldat n'est pas le mari, que cette femme n'est pas sa femme, et que leur petit théâtre ne sera qu'un divertissement cruel.

Entre la femme et la muraille ce sont des idéologies qui se dressent. Celles qui conservent un pouvoir, l'entretiennent et le stupéfient, et celles, plus humbles, qui tentent de le critiquer avec les armes du faible : ici, l'imaginaire. Entre la femme et la muraille, c'est la vitalité d'une langue qui s'oppose à la pornographie d'un spectacle.

Nous aurons donc affaire à une petite représentation de la cruauté où la sincérité déjouera les identités, où les masques révèleront leurs vérités et où l'urgence de vivre le disputera au "besoin" de se divertir. Entre parodie bouffonne et didactisme politique, La Grande Imprécation est autant une ode au théâtre qu'une critique sans concession du cynisme moderne, un regard jeté aux frontières des cris populaires et du rire décadent.

 

Damien Houssier